2008 : Arles sur Tech

Je contre moi

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 Un soir de la semaine, peu importe le jour, 22 heures 30. Assis derrière mon bureau, affaibli et tourmenté, je ne sais plus qui je suis. J’ai la désagréable impression que mes neurones ne m’obéissent plus et partent en vrille une à une sans pour autant leur donner l’ordre de quitter le cockpit de ma tête.

Moi, le commandant suprême, je dois faire face à une nouvelle mutinerie dont je devine l’issue. Un déséquilibre étrange entre mes propres pensées et la traduction de mes facultés intellectuelles. Fragilisé par un mal sournois à l’intérieur de mon poste de pilotage qui ne me laisse de surcroît aucun répit, je me sens désorienté.

Cependant, sans vouloir m’avouer vaincu, je décide de prendre les armes en main, des épées corticoïdales, pour combattre l’insurrection. Seul contre tous, je ne serais certainement pas le vainqueur mais voulant limiter l’étendue des dégâts, je devais avant tout être le gladiateur farouche et vigoureux  de ce nouveau siècle.

La bataille allait s’engager mais dans une partie lointaine de l’hémisphère de mon cerveau, je perçois le rire démoniaque de l’ennemi qui jubile déjà sa victoire. Courroucé dans la profondeur de mon être, j’ouvre les hostilités en portant à ma bouche l’épée infâme que j’avale d’un trait, accompagné d’un grand verre d’eau sorti tout droit du frigidaire. C’est le premier coup de semonce contre les mutins. C’est certain, il en faut d’autres car ce n’est pas suffisant pour enrailler l’état de crise dans laquelle se trouve plonger mes dernières facultés intellectuelles.

Malgré les offensives lancées, en signe de riposte, les dix milliards de neurones, petits soldats du cortex cérébral, déposent à leurs pieds les axones ralentissant ainsi la transmission des informations au sein des centres nerveux qui contrôlent toutes mes fonctions vitales.

Au fil du temps, mon corps mute en une lourde masse dont les mécanismes inférieurs et supérieurs se glacent comme des étendues de neige en Sibérie. Chaque année, les hivers plus rigoureux que les précédents, deviennent les alliés redoutables de ce mal étrange dont je souffre depuis plus de quinze ans.

Seul contre tous à devoir lutter, c’est le pot de fer contre le pot de terre mais quoi qu’il arrive, je refuse d’abandonner même si le combat est inégal. Toujours garder la tête aussi haute que le toit du monde car un commandant qui veut garder son estime et son honneur, ne quitte jamais son vaisseau alors, je ne quitterai pas le mien.

 
 

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